Publié : 1 novembre 2026
Vérifié et relu par Royking Niba, Relecteur éditorial, JOGOO Agriculture

La culture du chou au Cameroun se concentre sur les hautes terres de l’Ouest et du Nord-Ouest, où l’altitude offre au chou pommé (Brassica oleracea var. capitata) la fraîcheur qu’il recherche. Les repères clés pour le pays : une pépinière d’environ 4 semaines, un repiquage à 50 cm sur 50 cm, soit 40 000 plants par hectare, une fumure à base de fiente de volaille et de NPK, et des rendements qui vont d’une douzaine de tonnes par hectare en moyenne nationale à plus de 60 t/ha en station à Dschang. Les chiffres de cette fiche viennent des travaux de l’Université de Dschang, de l’Université de Buea, de la FAO et d’enquêtes publiées sur les maraîchers camerounais.

La culture du chou au Cameroun vise surtout les marchés urbains : le chou y est cultivé surtout en zone urbaine et périurbaine, selon l’Université de Dschang. Son principal ennemi est la teigne du chou, et le principal piège pour le producteur est l’excès de traitements insecticides.

Fiche technique de la culture du chou au Cameroun en résumé

Paramètre Repère pour le Cameroun
Zones principales Hautes terres de l’Ouest (Dschang, Menoua) et du Nord-Ouest
Saisons testées en station Septembre à décembre et mars à juin à Dschang
Pépinière Environ 27 jours, repiquage au stade 4 à 5 vraies feuilles
Écartement 50 cm sur 50 cm, soit 40 000 plants/ha
Fumure 5 t/ha de fiente de volaille, puis 300 kg/ha de NPK 18-11-12
Durée Environ 3 mois (Marché de Copenhague) à 4 mois (Green Coronet)
Rendement 12,3 t/ha en moyenne nationale (FAO, 2007) ; 67 à 97 t/ha en station à Dschang
Ravageur principal Teigne du chou (Plutella xylostella)

Où se cultive le chou au Cameroun ?

Djomaha et Ghogomu (Université de Dschang, 2016) désignent les régions de l’Ouest et du Nord-Ouest comme les principales zones de production du chou au Cameroun. Une seconde publication de la même équipe précise que le chou est cultivé dans quatre régions du pays, surtout en zone urbaine et périurbaine. Ces hautes terres combinent altitude, fraîcheur et proximité des marchés urbains.

Le site de Dschang illustre bien ces conditions : 1 440 m d’altitude, une température moyenne d’environ 19,9 °C, une humidité relative supérieure à 60 % et 1 800 à 2 000 mm de pluie par an. C’est proche de l’optimum fixé par la FAO pour le chou, soit une moyenne journalière de 17 °C avec des maxima autour de 24 °C.

En basse altitude humide, la culture devient plus difficile. Sur la ferme de l’Université de Buea, au pied du mont Cameroun, sous 2 800 mm de pluie annuelle, un essai publié en 2018 n’a obtenu que 2,8 à 6 t/ha de chou commercialisable selon la date de plantation et le mode de protection. Hors des hautes terres, il faut donc des hybrides tolérants à la chaleur, une période de plantation choisie et une protection sanitaire rigoureuse.

Selon les chiffres de la FAO pour 2007 cités par l’Université de Dschang, le Cameroun produisait alors environ 37 000 t de chou sur 3 000 ha, soit 12,3 t/ha en moyenne. L’écart avec les rendements obtenus en station montre la marge de progrès disponible au champ.

Calendrier cultural dans l’Ouest et le Nord-Ouest

Les essais de l’Université de Dschang ont été conduits sur deux saisons : de septembre à décembre 2008 et de mars à juin 2009. La seconde a donné le meilleur rendement moyen, 88,8 t/ha contre 74,9 t/ha. Elle a surtout connu une pression de teigne bien plus faible : 2,6 chenilles par plant en moyenne contre 247,5 lors de la première saison. Une autre série d’essais a été menée en pleine saison des pluies, avec un semis en pépinière début juin et un repiquage début juillet 2015.

En pratique, deux fenêtres se dégagent :

Dans la région de Buea, la saison sèche s’étend d’environ novembre à mars. C’est la période où un système d’irrigation goutte à goutte fait la différence, en apportant une eau régulière sans mouiller les feuilles.

Variétés de chou utilisées au Cameroun

Deux variétés ont été comparées à Dschang :

Variété Type Durée Rendement moyen à Dschang
Green Coronet Hybride tropical d’altitude, pomme compacte semi-ronde Environ 4 mois 96,6 t/ha (84 à 107 t/ha)
Marché de Copenhague Variété précoce, feuilles vert vif Environ 3 mois 67,2 t/ha (48 à 76 t/ha)

Ces rendements ont été mesurés sur de petites parcelles de station de 20 m², bien suivies : ils indiquent un potentiel, pas un rendement moyen de producteur. Les auteurs citent aussi une étude antérieure à Dschang (Wanko, 2008) qui obtenait 96,4 t/ha pour Green Coronet et 56,6 t/ha pour Marché de Copenhague. Point important : Green Coronet a porté beaucoup plus de chenilles de teigne que Marché de Copenhague (182,6 contre 67,5 en moyenne). Une variété productive demande donc une surveillance plus serrée.

Pour les zones plus chaudes, les hybrides décrits comme tolérants à la chaleur dans le catalogue du RECA (Niger, 2019), comme KK Cross F1 ou Tropica Cross F1, sont des options à tester. Vérifiez auprès des distributeurs agréés quelles variétés sont disponibles et homologuées au Cameroun.

Pépinière et repiquage

À Dschang, les plants ont été élevés sur une planche de pépinière de 5 m², enrichie en fiente de volaille, et repiqués environ 27 jours après le semis, au stade 4 à 5 vraies feuilles. Dans les zones où la teigne est installée, couvrir la pépinière d’un voile anti-insectes évite de planter des plants déjà infestés. La graine de chou peut transmettre la pourriture noire : un traitement à l’eau chaude de 25 minutes à 50 °C est recommandé par les fiches de l’Université du Queensland et de la Communauté du Pacifique.

L’écartement de référence au Cameroun est de 50 cm sur 50 cm, soit 40 000 plants par hectare, utilisé à Dschang comme à Buea. Il se situe dans la fourchette que la FAO réserve aux pommes pouvant atteindre 3 kg (0,5 à 0,9 m). Pour des petits choux destinés au détail, la FAO admet de resserrer à 30 à 50 cm entre plants.

Fumure du chou dans les hautes terres

Le programme suivi à l’Université de Dschang donne une base pratique, à ajuster selon l’analyse de sol :

  1. Une semaine avant le repiquage : 5 t/ha de fiente de volaille, en bande sur les lignes.
  2. Deux semaines après le repiquage : 300 kg/ha de NPK 18-11-12.
  3. En complément : un engrais foliaire NPK 20-20-20 à 1 kg/ha, en pépinière puis quatre semaines après le premier apport au champ.

Ces apports s’inscrivent dans les besoins chiffrés par la FAO : 100 à 150 kg d’azote, 50 à 65 kg de phosphore et 100 à 130 kg de potassium par hectare. Avant tout chaulage, une analyse de sol permet de vérifier le pH de la parcelle. Pour comparer les formules disponibles localement, consultez notre article sur l’engrais NPK 15-15-15 et son dosage par culture.

Arrosage et paillage

À Dschang, les parcelles d’essai étaient arrosées à l’arrosoir trois fois par semaine. La FAO chiffre les besoins du chou à 380 à 500 mm sur le cycle, avec un pic de sensibilité pendant la formation de la pomme : c’est à ce moment qu’un manque d’eau coûte le plus de rendement. En saison sèche, sur plus de quelques centaines de mètres carrés, l’arrosoir devient un goulot d’étranglement. Un goutte à goutte alimenté par une pompe solaire permet de tenir le rythme. Nos équipes peuvent étudier ce dimensionnement sur demande de devis.

Le paillage limite l’évaporation et les éclaboussures de terre porteuses de bactéries. Notre article Pourquoi pailler une planche de chou, et avec quel matériau détaille les matériaux utilisables.

Ravageurs du chou au Cameroun

Les travaux menés à Dschang et à Buea recensent les mêmes ennemis :

Les hautes terres ont un atout : selon la fiche de l’Université du Queensland et de la Communauté du Pacifique, le parasitoïde Diadegma, ennemi naturel de la teigne, est courant au-dessus de 800 m d’altitude, tandis que Cotesia domine en basse altitude. Les insecticides à large spectre détruisent ces auxiliaires et favorisent les pullulations.

À Dschang, une huile de graines de neem à 5 L/ha a donné des résultats proches de l’insecticide de synthèse sur le poids des pommes, sans différence significative entre les traitements (Djomaha et al., 2016). Le Bacillus thuringiensis fait aussi partie des produits testés dans les essais de Dschang.

Pesticides : les pratiques à corriger

Une enquête publiée en 2025 auprès de 345 maraîchers de six régions du Cameroun (Sopkoutie et al.) dresse un constat préoccupant : 80,4 % mélangeaient plusieurs pesticides, 49,2 % ne respectaient pas les doses recommandées, les traitements avaient lieu en moyenne deux fois par semaine, 65,3 % n’avaient reçu aucune formation et 88,6 % déclaraient des symptômes après manipulation. Une étude AVRDC-IITA de 2009, citée par l’Université de Dschang, indiquait déjà que plus de 90 % des maraîchers des zones humides du pays utilisaient des pesticides.

Pour le chou, ces habitudes sont doublement coûteuses : elles sélectionnent des teignes résistantes et laissent des résidus sur un légume consommé cru ou peu cuit. Les règles de base :

Récolte, conservation et rendement

Le chou se récolte quand la pomme est ferme et lourde pour sa taille (Université de Californie à Davis). Sans chambre froide, il doit être vendu rapidement ; à 0 °C et plus de 95 % d’humidité, un chou précoce se garde 3 à 6 semaines.

Pour la culture du chou au Cameroun, les rendements à attendre varient fortement selon la zone et la maîtrise de la teigne : environ 12 t/ha en moyenne nationale (FAO, 2007), 25 à 35 t/ha comme repère FAO pour une culture correctement conduite, et jusqu’à 67 à 97 t/ha en station d’altitude à Dschang.

Qui contacter au Cameroun ?

Questions fréquentes

Quand planter le chou au Cameroun ?

Dans les hautes terres de l’Ouest, les essais de l’Université de Dschang ont été conduits de mars à juin et de septembre à décembre. La saison de mars à juin a donné le meilleur rendement et beaucoup moins de teigne.

Quelle variété de chou choisir au Cameroun ?

En altitude, Green Coronet a donné 96,6 t/ha en station à Dschang contre 67,2 t/ha pour Marché de Copenhague. En zone basse et chaude, préférez un hybride tolérant à la chaleur disponible chez un distributeur agréé.

Quel engrais pour le chou au Cameroun ?

L’Université de Dschang a utilisé 5 t/ha de fiente de volaille une semaine avant repiquage, puis 300 kg/ha de NPK 18-11-12 deux semaines après repiquage. Ajustez selon une analyse de sol.

Quel est le rendement du chou à l’hectare au Cameroun ?

La moyenne nationale était d’environ 12,3 t/ha en 2007 selon la FAO. En station à Dschang, les rendements ont atteint 67 à 97 t/ha selon la variété.

Combien de temps dure la culture du chou au Cameroun ?

Environ 4 semaines de pépinière, puis 3 à 4 mois au total selon la variété : environ 3 mois pour Marché de Copenhague et 4 mois pour Green Coronet à Dschang.

Comment limiter les traitements contre la teigne du chou ?

Utilisez des plants sains, un filet anti-insectes, l’huile de neem ou Bacillus thuringiensis, et alternez les familles d’insecticides. Les traitements trop fréquents détruisent les parasitoïdes comme Diadegma, présents en altitude.

Sources

Pour aller plus loin

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